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  • jeracontedessalades

Violences éducatives ordinaires ou VEO en termes d’alimentation des enfants

L’alimentation de nos enfants est un sujet vraiment important dans leur éducation, car non seulement les repas rythment nos journées, nos relations sociales et affectives mais aussi l’alimentation influe directement sur la santé et le bon développement physique et cérébral. Les repas constituent de réels moments d’échange et de convivialité tout au long de la vie, c’est pourquoi il est important de démarrer avec de bonnes bases dès la toute petite enfance, où s’ancrent beaucoup de fondements et habitudes.

Je pense donc qu’il est très important d’être à l’écoute des besoins de nos enfants, notamment en termes de faim, d’appétence ou de dégoût pour tel ou tel aliment.

MANGES TA SOUPE ou VAS AU LIT !

Beaucoup d’entre nous ont été éduqué dans un cadre où l’enfant devait faire ce que le parent disait un point c’est tout car il savait mieux que lui ce qui était bon pour lui. Forcer un enfant à finir son assiette ou lui empêcher de manger s’il a faim est une violence psychique qui peut créer des traumatismes à plus ou moins long terme. Ainsi, il s’agit de ne pas reproduire ces principes qui d’après moi peuvent être la cause de troubles alimentaires par la suite, dans un sens ou l’autre.

Les goûts des enfants sont en perpétuelle évolution, il est donc important de respecter cela et surtout ne jamais « forcer » un enfant à manger tel ou tel aliment, sous prétexte qu’on lui a préparé avec amour, que c’est bon pour sa santé ou autre…

Comme on peut entendre, un enfant ne se « laissera jamais mourir de faim », et je suis convaincue que c’est vrai. Je pense aussi qu’un enfant si on lui propose une suffisante variété d’aliments, saura choisir ce qui est bon pour lui et ce dont il a besoin. Il faut respecter les envies et besoins des enfants tout en continuant de leur proposant ce qui est bon pour eux, soit le maximum de produits brut.

APPRENONS LE LÂCHER PRISE !

Tout cela nécessite un réel « lâcher prise » de la part du parent, ce qui est le plus difficile à mettre en application d’après moi. Il faut donc faire attention à ne pas tomber dans des attitudes de « violences éducatives ordinaires » ou « VEO ». Si cela est trop difficile pour un parent, ne pas hésiter à passer le relais à l’autre parent. L’enfant est un éponge et en général, s’il sent que c’est un sujet sensible pour nous, aura d’autant plus tendance à aller dans l’autre sens.

Voici une liste que j’ai emprunté à Maja compte instagram @leslunettesdemaja , listant ces actions à essayer d’éviter au maximum.


Forcer à manger :


· Dire à l’enfant que s’il ne mange pas (ou ne goûte pas) le plat, il ne pourra pas manger tel autre aliment du repas qu’il affectionne, comme un dessert, un féculent etc (chantage/menace de punition).

· Dire à l’enfant que cela nous fait plaisir ou cela nous rend triste quand il mange ou ne mange pas (chantage affectif)

· Dire à l’enfant que d’autres enfants n’ont pas de quoi se nourrir que donc il doit manger (culpabilisation).

· Faire semblant de déguster, se régaler pour inciter l’enfant à manger (manipulation)

· Promettre à l’enfant une récompense alimentaire ou d’activité s’il mange (système punition - récompense).

· Dire à l’enfant que c’est maintenant qu’il doit manger (se remplir) car après il n’y a pas d’autres services/repas/prise alimentaires (menace), sauf cas ou techniquement impossible il y a toujours moyen de prévoir une autre prise alimentaire.

· Comparer la prise alimentaire de l’enfant avec un autre enfant pour qu’il mange plus (manipulation).

· Commenter la façon de s’alimenter de l’enfant en lui collant des étiquettes : petit mangeur, gros mangeur, gourmand, difficile, picoreur, etc.

· Organiser la prise alimentaire de l’enfant pour correspondre à nos contraintes : lui donner à manger avant une sortie, lui donner à manger juste avant de se coucher pour le "remplir" (en espérant qu’il ne se réveille pas la nuit).

Priver de manger :


· Dire à l’enfant qu’il doit arrêter de se resservir ou de reprendre un aliment car sinon il va grossir ou avoir des problèmes de santé.

· Dire à l’enfant que ce n’est pas l’heure de manger.

· Dire à l’enfant qu’il a déjà mangé et que donc il n’a pas à avoir faim.

· Comparer la prise alimentaire de l’enfant avec un autre enfant pour qu’il mange moins.

· Interdire à l’enfant de se servir dans le garde-manger/frigidaire familial en le soumettant à l’approbation des adultes.

· Imposer son régime alimentaire à l'enfant en lui refusant systématiquement et en toutes circonstances toute prise alimentaire qui ne cadre pas avec nos convictions principes


Cette liste peut paraître longue et/ou excessive mais imaginez vous recevoir des invités à la maison et leur dire qu’ils ne pourront pas sortir de table s’ils ne finissent leur assiette? Impossible !

Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’enfants qu’il faut les traiter différemment. Soyez serein quant à leur capacité à être curieux et s’adapter à différentes situations, si vous les traiter d’égal à égal et toujours avec bienveillance, alors proposez toujours et ne désespérez pas !


Sachez qu’il ne s’agit pas de juger la manière d’éduquer de chacun mais simplement de se poser les bonnes questions quant au bien-être et aux besoins de son enfant afin qu’il grandisse en toute sérénité.


Et vous vous en pensez quoi ?

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