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Beach House - Thank Your Lucky Stars

Beach House - Thank Your Lucky Stars

Un an à peine après la sortie de son album Depression Cherry, le duo dream-pop de Baltimore revient en force avec 9 nouveaux titres descendus tout droit de la stratosphère. L’énergie nouvelle de Thank Your Lucky Stars électrise l’oreille. Pas de doute, l’album réitère la magie propre à Beach House de nous faire planer très, très haut.

Dès les premières secondes, la boîte à rythme impose le style de l’album : percutant. La voix chimérique de Victoria Legrand qui n’a rien perdu de sa réverb’ se pose tout doucement dans les nuages. « Imitation red carnation, nothing is new and either are you », les paroles aussi perchées que les notes, semblent s’étaler en slow motion au dessus du son bien rock de la guitare disto d’Alex Scally et des arpèges fous du clavier. On a presque l’impression d’être Scarlett Johanson dans Lost In Translation sur le rebord d’une fenêtre d’un building à Tokyo. Majorette est aussi aérien que les sons de Death in Vegas, à base de longs « ahaaaaa ahaaaaa » lointains. Il ne manque plus qu’un peu de brume et... Bill Murray.

Toujours cette douce mélancolie dans She’s so Lovely, balade aux accents asiatiques (qu’on retrouve aussi dans Rough Song) ponctuée de montées pentatoniques du clavier qui semblent aller jusqu’au ciel. Quelques accords de septième bien sentis par-ci par-là arrivent même à nous dresser les poils du bras.

Des balades, peut-être, mais le duo ne tombent pas dans le mielleux. All your yeahs, titre très 80ies basé sur l’ostinato de la guitare puis du clavier répétant la même note à l’infini, nous rappelle que la musique de Beach House est avant tout construite comme un mouvement perpétuel, un beau ronron quasi mécanique qui monte vers la lumière. C’est efficace, ca fait hocher la tête tout en nous faisant manger une bonne dose de rêves.

On se laisse envouter par la valse psychédélique de Common girl et son ternaire entêtant. L’hypnose continue quand le synthé de The Traveller (rappelant en passant le récent Brankrupt ! de nos Phoenix préférés) sonne comme un orgue d’église totalement déjanté hésitant entre le mode mineur et le mode majeur dans un déséquilibre total. Cette ambiguïté se retrouve au sein de la balade Elegy to the void, tube de l’album fondé sur des descentes d’arpèges au clavier introduisant la batterie et la guitare triomphales, acmé du morceau.

Certes, la voix peut nous faire penser à celle du chanteur des Hot Chip, Alexis Taylor ; la guitare aérienne rappelle celle de Bono ; la boîte à rythme résonne comme les beat secs et efficaces de l’album Plastic Beach des Gorillaz ; en entend presque le bon vieux son électro à la Jacno. Pourtant, Beach House dessine un univers singulier où les instruments martèlent inlassablement le temps, temps que la voix surplombante de la belle brune efface en s’étirant sur de longues tenues. Progressivement dans chaque morceau, le sonore s’épaissit pour aboutir à une transe, polaire et vertigineuse.

Beaucoup d’air et d’écho dans ce 5ème album résolument hymnique voire prophétique et brillant. Le dernier titre Somewhere Tonight répète la sensation d’une valse enivrante qui nous pousse à refaire play, en boucle. Malins les Beach House !

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Louise


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